Comment conserver son vin dans de bonnes conditions?

Vous avez acheté quelques flacons qui méritent de vieillir pour livrer le meilleur d’eux-mêmes dans plusieurs années. Très bien ! Mais conserver son vin nécessite des précautions à respecter sous peine d’avoir jeté de l’argent par les fenêtres et de boire un breuvage sans rapport avec son potentiel initial. Nos conseils…

1. Quel vin conserver ?

En préambule, notons évidemment que tous les vins ne nécessitent pas d’être conservés durablement. Les critères ne tiennent pas forcément du prix : il existe d’excellents « petits » Bordeaux ou Corbières, par
exemple, accessibles à moins de 10 euros la bouteille, qui peuvent gagner à être conservés deux ou trois ans. En revanche, les vins dits nouveaux (comme le fameux Beaujolais qui débarque en novembre), la majorité des champagnes (qui sont assemblés et vieillis par les producteurs ou négociants avant d’être vendus, même les millésimes anciens), nombre de rosés de Provence ou de petits blancs secs peuvent être consommés rapidement après leur achat.
On veillera toutefois à ne pas les exposer à la chaleur, à les abandonner dans un coffre de voiture ou dans un réfrigérateur…
Autre élément à prendre en considération au moment de conserver son vin, son conditionnement et son bouchon. Les vins vendus en cubitainers n’ont pas vocation à être bus plus que quelques mois après leur acquisition. Mais surtout, dans le cas d’une bouteille « classique », il faut observer de près son bouchon. Quitte à poser la question au producteur ou caviste ou même à vérifier sur un des flacons l’aspect du bouchon caché sous le col en métal.
Si le bouchon n’est pas en liège mais en plastique ou autre composite, hélas, il est inutile de songer à conserver ce vin plus que quelques mois. Economiques et efficaces à court terme, ces matières ne garantissent pas une bonne herméticité à longue échéance.

2. La cave qui va bien pour conserver son vin

Une fois en possession de bouteilles qui méritent donc d’être conservées dans de bonnes conditions, reste à vérifier que votre cave possède les qualités nécessaires.
Plusieurs points sont à prendre en compte.

Le premier concerne la température.
Les experts estiment qu’idéalement, elle doit se situer entre 10 et 14 degrés. Mais au-delà de
la température elle-même, il faut surtout s’assurer que d’une saison à l’autre, le vin ne subira pas de choc thermique. Autrement dit qu’au fil de l’année, le thermomètre de la cave ne pas osciller de 5 à 15 ou 20
degrés voire au-delà. Le risque encouru est alors que le bouchon perdre ses propriétés en terme d’élasticité. L’air peut alors s’infiltrer et le vin a toutes les chances alors, si l’on ose dire, de s’oxyder. Des phénomènes
d’autant plus à craindre si le millésime est ancien : le fin nectar n’en est que plus fragile…
Notons au passage que si vous avez la chance d’être en possession d’une très ancienne bouteille d’un grand cru classé de Bordeaux, par exemple, dont le cours est estimé à plusieurs centaines voire plus du
millier d’euros, il peut être utile de solliciter de la part de la noble maison une faveur : certains châteaux acceptent de remplacer les bouchons fatigués.

Le second point à observer est le taux d’hygrométrie (c’est-à- dire d’humidité). Autant le préciser d’emblée, si vous souhaitez conserver du vin, l’achat d’un hygromètre est un petit investissement (comptez moins
de 20 euros) incontournable. Le taux idéal se situe entre 70 et 80 %. En deçà, comme dans le cas précédent, le bouchon peut perdre en élasticité. Dans certains cas, il va même se dessécher, et l’oxydation qui en découle est de nature à dégrader notablement la qualité du vin.
A l’inverse, un taux trop élevé encourage potentiellement l’apparition de moisissures. C’est rare à l’intérieur même de la bouteille, mais en revanche, c’est fréquent au niveau des étiquettes qui peuvent également se décoller, des cartons voire sur les murs de la cave. Les odeurs qui en résultent peuvent parfois gagner le vin. Rien à craindre cependant si ce taux élevé n’est que passager, ou même en cas d’inondation ponctuelle. Vous aurez peut-être des difficultés à retrouver les étiquettes de vos chères bouteilles, mais quelques jours dans l’eau n’ont jamais « tué » un vin bien embouteillé et au bouchon hermétique.
Peut-être avez vous lu il y a quelque temps que des bouteilles de champagne qui dormaient en mer du Nord depuis des décennies suite à un naufrage n’avaient rien perdu de leurs qualités ?

Le troisième point à ne pas négliger est qu’une bonne cave à même de bien conserver le vin doit être plongée dans une parfaite obscurité.
Tout simplement parce que les ultraviolets de la lumière solaire ou artificielle ont un effet physico-chimique immédiat sur le vin en boostant son oxydation… et son évolution. De quoi faire prendre quelques années à votre vin au bout de quelques mois seulement. Une astuce quelque peu grossière qui a parfois été utilisée par des producteurs, avec précaution d’ailleurs, mais ce régime est évidemment néfaste dans le cas d’un vin de qualité.

Derniers points à observer, enfin, pour conserver son vin dans des conditions optimales : les bouteilles doivent être couchées pour que le liquide reste en contact avec le bouchon et tout mouvement intempestif et toutes vibrations récurrentes doivent être évités sous peine que l’équilibre du nectar soit bousculé et altéré irrémédiablement.
Ainsi, si par malchance vous habitez à proximité immédiate d’une voie ferrée ou si une rame de métro passe en dessous de votre immeuble, tout porte à croire que votre cave ne présente pas les garanties nécessaires…

3. La cave d’intérieur : conserver son vin en appartement

Vous avez procédé aux vérifications d’usage et vous constatez, dépité, que la cave de votre logement s’avère trop sensible aux variations de température ou que le taux d’humidité est trop bas ?
C’est évidemment difficile dans ces conditions d’envisager de conserver un bon vin plusieurs années. Cette cave ne sera utile que pour entreposer des bouteilles pendant quelques semaines, quelques mois tout au plus.
Il existe alors une alternative, mais à condition évidemment que les bouteilles que vous souhaitez conserver en valent la peine : l’acquisition d’une cave à vin à installer directement dans votre logement.
Les premiers modèles disponibles dans le commerce d’une capacité réduite (24 ou 36 bouteilles) permettent de conserver le vin à une température uniforme, avec un taux d’humidité idéal et des portes anti-UV. L’investissement est de l’ordre de 2 à 300 euros. Comme il est dit dans le célèbre sketch, « c’est vous qui voyez… ».
Ultime conseil qui tient du bon sens : les bouteilles appelées à vieillir le plus longtemps sont à entreposer en fond de cave, pour ne pas les déranger quand on se saisit d’une bouteille plus jeune.

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