7 Règles à suivre pour acheter du vin au supermarché

Acheter du vin au supermarché n’est pas interdit. Même par les œnologues ou sommeliers les plus exigeants. C’est pratique si vous souhaitez faire d’autres achats en même temps. On a davantage de chances a priori d’y trouver des prix modérés et le choix est généralement assez vaste. Mais acheter du vin au supermarché exige toutefois de respecter certaines règles…

1. Se préparer plutôt que de laisser faire le hasard

S’il est évidemment autorisé de se laisser tenter par une bouteille en promotion située en tête de gondole alors qu’on n’avait pas prévu d’acheter du vin en faisant ses courses, en règle générale, acheter du vin en supermarché nécessite un minimum de préparation. Le hasard dans ces cas-là n’est pas en effet toujours de bon conseil ! Selon les cas, il s’agit pour vous de chercher le vin qui accompagnera au mieux le repas envisagé, d’effectuer un cadeau ou de compléter votre cave. Alors renseignez-vous sur la région ou l’appellation que vous avez choisies via des guides disponibles en librairie ou sur Internet. En plus de votre liste de courses, il est alors pratique d’avoir dans votre poche le moment venu une petite feuille de papier avec quelques notes. Surtout que dans la majorité des cas, vous n’aurez pas la chance de tomber sur un vendeur spécialisé quand vous garerez votre chariot près du rayon « vins »…

2. Se méfier des étiquettes

Puisque vous avez appris sur ce blog à déchiffrer les étiquettes, vous savez que celles-ci doivent comprendre des mentions obligatoires mais qu’à l’inverse, certaines précisions sont simplement destinées à appâter le chaland. Leur présence ne garantit rien. Il s’agit de marketing… Ainsi, dans la majorité des cas, les formules telles que « Cuvée spéciale », « Grand vin », « Sélection vielles vignes » (liste hélas non exhaustive) en lettres d’or ou majuscules ne présentent aucune garantie. Il en est de même pour certaines maisons qui mettent en avant un numérotage de la bouteille. Dans le même ordre d’idée, méfiez-vous d’un vin de Bourgogne mis en bouteille dans le département de la Gironde ou d’un vin d’Alsace qui aurait transité par une coopérative du Midi pour être embouteillé !

3. Les médailles et les labels

Pour inciter à acheter leur vin, les supermarchés mettent volontiers en avant  désormais les médailles obtenues dans les concours ou certains labels. Ces informations sont parfois utiles, à condition d’être fiables. Pour ce qui concerne les concours, on privilégiera les bouteilles primées lors du Salon de l’Agriculture où toutes les régions sont bien représentées. Pour les concours régionaux (comme Mâcon ou Orange par exemple), on ne prendra en considération que les vins médaillés dans leur région d’origine (Bourgogne dans le premier cas, Vallée du Rhône dans le second). Un vin de Loire primé dans le sud de la France a peut-être gagné une course où seule une poignée d’athlètes étaient sur la ligne de départs. Pour les labels, on ne tiendra compte que des labels réellement reconnus et certifiés. Les vins bios en font partie. De même, la mention « Vigneron Indépendant » est souvent un gage de qualité. Sans leur faire offense, on sera moins indulgents avec les formulations du style « Sélectionné par nos experts ». Non pas que les géants de la distribution ne possèdent par de spécialistes. Mais ce ne sont pas des organismes de bienfaisance non plus. Derrière ces mentions, se cachent des marchés importants et donc des marchandises à écouler… Pour acheter du vin au supermarché, on aura davantage confiance le cas échéant aux recommandations de certains guides (en particulier  Bettane & Dessauve), via un macaron apposé sur le col de la bouteille.

4. Gare aux vieux millésimes

A l’exception des opérations spéciales de type « foires aux vins », acheter un vin ayant déjà un certain âge en supermarché n’est pas recommandé. Tout simplement parce que bouteilles disponibles en magasin sont alignées debout et en pleine lumière, ce qui n’est pas, loin s’en faut, un traitement idéal pour ces honorables flacons. Par ailleurs, on ignore tout des conditions dans lesquelles ces vins ont été conservés avant d’être mis en rayons ! Quitter à acheter du vin au supermarché, autant faire confiance vous l’aurez compris à un millésime jeune (pas plus de 2 à 3 ans).

5. Le marketing, encore et toujours

Vigilance encore envers des étiquettes qui jouent la carte du marketing mais peuvent toutefois se révéler de bonnes affaires. On ne pense pas en la circonstance à certains rosés disponibles en été qui font vraiment dans la fantaisie – « Cuvée de la piscine », « L’ami de la plage », «Le rosé du barbecue » – mais à des producteurs ou négociants de petites appellations qui cherchent simplement à se faire une place au soleil. Ils souhaitent alors, par l’humour ou l’esthétique de l’étiquette voire de la bouteille elle-même à sortir du lot, à attirer le regard… Dans ces cas-là, si rien ne laisse supposer que derrière le vin se cache un producteur sans scrupule et surtout, si le prix est raisonnable (moins de 10 euros), rien n’interdit… d’acheter une bouteille. Si l’essai est concluant, revenez durant les jours qui suivent et vous aurez en cave un vin hors des sentiers battus.

6. Les régions les plus courues

Dans les supermarchés, les vins les plus représentés sont logiquement ceux des grandes régions « prestigieuses » : Bourgogne, Bordeaux. Un constat qui tient simplement à une règle de marketing, là encore, pour attirer des acheteurs peu au fait des réalités de l’œnologie et qui, s’ils ont besoin occasionnellement d’acheter du vin, préfèrent une valeur refuge comme on dit en bourse. Raison de plus pour se méfier car dans cette grande variété de bouteilles, se cachent évidemment de bons crus mais aussi des produits sans aucun intérêt vendus pourtant assez chers. Faites alors confiance à certains labels ou critères déjà énoncés plus haut et à défaut, à des maisons reconnues. Tels Brocard pour le Chablis ou Magnien en Bourgogne, ou les seconds vins pour les grands châteaux bordelais. On ajoutera Guigal et les Caves de Tain pour la Vallée du Rhône.

Autre cas de figure : votre supermarché est situé dans une région de production. Les appellations locales sont alors mieux représentées. Au fil des rayons, vous allez peut-être retrouver des noms familiers. Notre conseil ? Et si vous alliez rendre visite directement à ces producteurs ? En tant qu’amateur de vin, vous découvrirez des hommes et des femmes passionnés et aimant parler de leur métier. Si vous êtes mal reçus, alors c’est qu’ils ne méritent pas que vous achetiez leur vin ! Ne soyez pas surpris en revanche que les tarifs soient éventuellement un peu plus élevés que ceux affichés en supermarché. La loi du nombre, tout simplement. Un producteur accorde légitimement une ristourne quand on lui achète plusieurs centaines de bouteilles…

7. Le juste prix pour acheter du vin au supermarché

Dernier conseil et non le moindre, quel prix semblera le plus raisonnable au moment d’acheter votre vin au supermarché. Sachant et c’est normal que ces entreprises ont des frais (transport, stockage, masse salariale, publicité…), il y a peu de chance que vous trouviez un vin de qualité acceptable en deçà de 6 ou 7 euros la bouteille. Pour la fourchette haute, il semble raisonnable de ne pas acheter de bouteille affichée à plus de 15 euros (hors champagnes et grands crus classés de Bordeaux).

Reste l’hypothèse des promotions du type « la seconde bouteille à moitié prix ». Pas de danger a priori quand il s’agit de marques de champagne connues. On sera plus circonspect en revanche pour les autres régions, sauf lors des foires aux vins. Mais pour ce qui concerne ces dernières, d’autre règles sont à observer. Rendez-vous à notre article consacré aux salons et foires.

7 Règles à suivre pour acheter du vin au supermarché
5 (1 vote)

Une réponse sur “7 Règles à suivre pour acheter du vin au supermarché”

  1. Il est vrai, que beaucoup de consommateurs se fient désormais aux récompenses indiquées sur les bouteilles.
    Si vous ne voulez plus vous tromper à la caisse, n’hésitez pas à utiliser certaines applications de conseils en sélection. La digitalisation nous permet désormais cela, n’hésitez pas à en user et abuser 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *