Qu’est ce que le vin biologique?

Plus communément appelé « vin bio », le vin biologique est régi par des lois européennes qui encadrent les fondements de la viticulture biologique, à savoir sa production, sa transformation, son étiquetage ainsi que son importation. Mises en vigueur en 1991, ces lois européennes ont été actualisées en 2008. Jusqu’en 2012, la réglementation du vin bio supervise uniquement les techniques culturales appliquées à la vigne. C’est à partir du 1er août 2012 que le règlement s’étend à la vinification elle-même, ce qui permet, entre autres, de pouvoir afficher sur son étiquette, la mention « vin biologique ».

Viticulture biologique, définition

Si c’était la protection de la santé du vigneron qui justifiait, au départ, le passage au bio, aujourd’hui, les motivations se sont multipliées. On retrouve principalement le besoin du viticulteur de valoriser son terroir, d’associer à son vin des saveurs plus naturelles, mais surtout plus authentiques. La viticulture biologique est considérée comme une mode de culture de la vigne, qui s’affiche alors, sans aucun apport chimique. Les cultivateurs bio n’utilisent que des produits d’origine naturels ainsi que des produits dits « de contact », c’est-à-dire qu’on ne vaccine pas les plants et on n’injecte rien d’irréversible dans les sols. Le vigneron doit impérativement maintenir la fertilité des sols. La législation de la viticulture biologique est encadrée par la réglementation européenne RCE 834/2007 et RCE 889/2008. C’est elle qui précise l’attitude à obtenir et les pratiques à bannir. En France, il existe à ce jour, 1488 viticulteurs biologiques, ce qui représente 1,4% du vignoble français. On sait également que plus de 4 000 hectares sont actuellement en cours de reconversion. En tête des régions bio, le Languedoc-Roussillon avec 31% de la surface biologique française.  C’est le cas pour le domaine du Château des Peyregrandes d’une surface de 25 hectares, ou encore le domaine du Clos des Nines.

Dans ce département, le nombre de viticulteurs bio a doublé en 3 ans. En 2016, l’agence bio estime que les Français ont acheté plus de 700 millions d’euros de vin bio, contre 503 en 2013.

L’élaboration du vin biologique et l’entretien des sols

Avant toute chose, il faut savoir que la vinification de raisins bio ne s’effectue qu’après nettoyage complet de toutes les unités de production. La vinification biologique impose un cahier des charges strict avec des règles de production et une production sous haute surveillance. Il faut attendre 3 ans avant de considérer qu’une production de vin soit considérée comme bio. Certaines méthodes utilisées dans la vinification dite « classique » sont ici entièrement interdites. Parmi elles, on note l’usage des traitements physiques qui servent à éliminer l’anhydride sulfureux, la stabilisation tartrique du vin par l’usage d’électrodialyse ou d’échangeurs de cation, la concentration fragmentaire par le froid ou encore la “désalcoolisation” incomplète du vin. Le vin biologique doit impérativement être élaboré à partir d’ingrédients d’origine biologique et 100% des raisins devront répondre à ces exigences. Même le sucre contenu dans le vin devra être biologique. En termes de vinification à proprement parler, le vigneron ayant ses vignes certifiées bio n’a guère plus de contraintes que le vigneron conventionnel. L’Union européenne a, en effet, permis l’utilisation de levures exogènes. Le soufre est également autorisé, mais à des doses inférieures aux doses de soufre utilisé dans la vinification conventionnelle (30 à 50mg en moins). Néanmoins, la plupart des vignerons qui conduisent leur vignoble en bio sont très soucieux de conserver le plus de naturel possible au cœur de leur procédé de vinification. Étant donné que les herbicides sont entièrement prohibés, le sol devra être entretenu de façon mécanique. Seuls les engrais et les amendements d’origine organique, ainsi que quelque un d’origine minérale, sont autorisés dans le cadre d’une vinification biologique (Annexe IIa du règlement CE2092/911). Parmi ces derniers, on note le compost d’origine animale ou végétale, le guano, les sous-produits d’origine animale comme la poudre de corne, les algues, les sous-produits de scieries, les carbonates de calcium et de magnésium d’origine naturelle ou encore les extraits de vinasse.

Les différentes certifications et labels des vins biologiques

À l’heure actuelle, on différencie plusieurs types de certifications pour les vins biologiques français.

  • La certification « AB » révèle que la viticulture a préservé au maximum l’équilibre biologique de la nature. Les producteurs de vin AB se sont inévitablement soumis au contrôle d’un des six organismes accrédités, à savoir Aclave, Agrocert, Qualité France, Ulase, SGS ICS ou encore Ecocert.
  • Le label « Nature et Progrès » nécessite d’avoir déjà la certification AB et de suivre le propre cahier des charges de Nature et Progrès, qui est en réalité, une association de producteurs et de consommateurs bio. Nature et Progrès recommande que les vendanges soient effectuées manuellement et que la fermentation ait lieu à partir de ses propres levures. Enfin, le taux de dioxyde de soufre dans le vin est inférieur à celui autorisé par la réglementation européenne.
  • Le label « Demeter » garantit des vins biologiques réalisés à partir de raisins issus de l’agriculture biodynamique. Les règles du label Demeter sont encore plus strictes que ceux de Nature et Progrès. Néanmoins, la démarche  Demeter est avant tout associée à une compréhension de la nature profonde de l’animal, de la nature et de la terre.
  • Le label « Biodyvin » regroupe des vins uniquement réalisés grâce à des raisins biodynamiques, et également certifiés Ecocert. Tous les vins Biodyvin ont été approuvés par SIVCBD (Syndicat International des Vignerons en Culture BioDynamique).

 

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